Le jardin à la française
Aquarelles de projet du jardin à la Française en 1930
Si le château est un joyau du 18ème siècle finissant, son écrin est un jardin à la française sobre et raffiné. Expression du classicisme dans l'art des jardins, autrement dit, la recherche de la perfection formelle, d'une majesté théâtrale et d'un goût du spectacle il fut réalisé tardivement par le paysagiste Redont, en 1930, à la demande du marquis Fortuné d’Andigné, le second mari d’Hèlène de Langle, dernière marquise de Champagné.
Le jardin à la française fut construit dans l'axe du château et de la route de Nantes. On distingue dans le fond du parc le bassin des cygnes et la grille de Bel air qui clôt le parc.
Fortement inspiré par Versailles, le bassin des cygnes devait à l'origine former un grand canal avec la rivière. Il ne put sans doute pas être réalisé mais on peut voir que la réalisation finale est tout de meme proche des plans établis en 1930.
Il est intéressant de constater par ailleurs que la rangée de tilleuls de gauche est bien plus âgée que la rangée de tilleuls de droite, en effet, ceux ci furent plantés en 1930 alors que la rangée de gauche existe sans doute depuis la construction du château deux siècles plus tôt !
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Le parc à l'anglaise
Le parc du château de Craon offre un écrin remarquable au château.
Plusieurs fois remanié, il donne une certaine idée sur l'histoire et la mode des parcs et jardins en France depuis le XVIIIe. Le château fut construit peu avant la révolution et son propriétaire n'eut pas le temps de terminer son œuvre architecturale. En 1828, au moment de la vente du château, l'engouement est au parc à l'anglaise, "plus naturel que la nature", vision romantique au détriment des conceptions classiques. Les allées deviennent sinueuses, les bosquets apparaissent, de nouvelles plantations agrémentent le parcours du promeneur.
Les propriétaires décident alors de créer un parc à l’anglaise. Il est l’œuvre de Chatelain, un paysagiste du XIXe.
Apparus dès le XVIIIème siècle, les jardins à l'anglaise s'organisent selon des cheminements sinueux ouvrant sur des points de vue « pittoresques » (qui appartient, qui est relatif à la peinture) : ces points de vue sont des lieux où un peintre aimerait poser son chevalet.
Il est donc normal que leurs concepteurs soient fréquemment des peintres.
Loin du système géométrique des jardins classiques, conçus principalement par des architectes, ils mettent en valeur à travers les points de vue un élément de la nature remarquable : arbre rare au feuillage coloré, tronc torturé, pelouse, ruisseau, étang, prairie ou même éboulis et précipice. Le peintre William Kent (1685-1748) crée les premiers jardins paysages.
Plus de 3000 arbres et arbustes, résineux et feuillus sont plantés dans le parc du château de Craon et disposés de manières à créer des tableaux s'intégrant à la nature environnante, on trouve de nombreux massifs de rhododendrons aux couleurs mauves et roses tendres qui agrémentent alors la promenade.
Des allées sinueuses sont dessinées.
À la perspective optique, exploitée dans le modèle classique, on substitue la perspective atmosphérique, inspirée de la peinture anglaise, dans laquelle les effets de profondeur sont créés par la brume qui noie les lointains ou bien par la variation des feuillages des différents bosquets du jardin.
Le jardin est écrin de la demeure.
La tonte raisonnée ou différenciée un challenge pour la biodiversité
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C’est l’action de laisser une partie de la pelouse à l’état sauvage pour favoriser la biodiversité
Depuis des lustres la tentation est grande de tondre bien court, mais c’est un fait, cela nuit grandement à la biodiversité de nos jardins. En effet, il faut savoir que les prairies et les zones enherbées sont des lieux de vie pour de nombreuses espèces animales. On y retrouve notamment les auxiliaires du jardinier, une aide précieuse pour lutter contre les ravageurs ;
Saviez vous aussi que ramasser l’herbe coupée est une perte d’humus et de nourriture importante pour la vie du sol ?
La prairie permet à chaque type de plante qui la compose de développer leurs réseaux racinaires ; l’eau de pluie s’infiltre mieux dans le sol. A l’inverse, les gazons biens tondus exposent les sols à la battance de la pluie et à l’érosion. Une tonte drastique entraine la disparition des fleurs sauvages source de nourriture pour de nombreux insectes pollinisateurs. Les ravageurs eux même sources de nourritures pour leurs prédateurs (oiseaux chauve-souris…) y trouvent refuge de plus, les hautes herbes protègent des rayons directs du soleil et stocke le CO2.
Il ne s’agit pas de ne plus entretenir mais d’entretenir différemment en adoptant un mode de gestion plus respectueux de l’environnement.
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Liste des espèces observées par Mayenne Nature Environnement en juin 2022
Oiseaux
Bergeronnette grise
Buse variable
Choucas des tours
Effraie des clochers
Fauvette à tête noire
Gobemouche gris
Grimpereau des jardins
Grive musicienne
Héron garde-boeufs
Merle noir
Mésange bleue
Mésange charbonnière
Pic épeiche
Pic vert
Pigeon ramier
Pinson des arbres
Pouillot véloce
Rouge-gorge familier
Troglodyte mignon
Amphibiens
Grenouille verte
Libellules
Caloptéryx éclatant
Pennipatte bleuâtre
Papillons de jour
Demi-deuil
Myrtil
Paon du jour
Piéride du chou
Le saviez-vous ?
Le château de Craon est un refuge pour les chauves-souris, en convention avec Mayenne Nature Environnement depuis 2014.
Le château abrite notamment le petit rhinolophe.
C’est une très petite chauve-souris, l'une des plus petites d'Europe ! Elle ne pèse que 4 à 7 grammes. Véritable mammifère miniature, elle donne une impression de grande fragilité. Cette chauve-souris est également remarquable, parmi les espèces européennes, en raison de la largeur de ses ailes par rapport à leur longueur.
C’est un insectivore nocturne particulièrement spécialisé dans la chasse de petits insectes assez lents attrapés avec beaucoup d'agilité dans la végétation buissonnante.
Le petit rhinolophe qui était autrefois une des chauves-souris les plus fréquentes d'Europe est devenu très rare durant ces dernières décennies et représente une des espèces animales ayant le plus souffert de la pollution et de la transformation des habitats par l'agriculture intensive. C’est une espèce « patrimoniale » attachée aux paysages très préservés.