Le Jardin d’agrément

À la Renaissance, le jardin d’agrément se compose selon des règles assez strictes :

De forme carrée, si possible bordé de canaux en eau vive, le parterre est divisé en quatre carreaux égaux par des allées formant une croix.

Chaque carreau est divisé en compartiments par des allées sablées et par des bordures de buis.

Image

Situé sous les fenêtres des plus belles pièces du château. Il ressemble alors à un « tapis de Turquie » : les compartiments sont garnis de plantes fleuries ou de gazon, séparés par des allées sablées de couleurs variées et forment des dessins souvent géométriques ou symétriques.

De nombreuses variétés de vivaces ont été choisies avec des floraisons se succédant tout au long des saisons, un certain nombre ayant un feuillage persistant afin que les carreaux ne semblent pas trop dépouillés en hiver.

Chacun des quatre carrés symbolise une saison en fonction des couleurs de floraison et de la taille de l’if qui le centre :

Image

L’été : tonalités rouge et jaune, if taillé en rond pour évoquer la pomme 

Image

 Le printemps : teintes pastelles toniques : rose, bleu, jaune, if taillé en forme de bourgeon.

L’hiver : gris, blanc, rose pale, bleu ciel léger ; pointe de l’if triangulaire pour évoquer un sapin.

L’automne fleurit dans des teintes jaune, orangée, marron, haut de l’if en forme de cloche.
 

Des buis bordent les compartiments, formant des broderies : cette plante s’est imposée à la fin de l’époque Renaissance comme la plus pratique : C’est une plante rustique, demandant peu d’arrosage, se taillant une à deux fois par an. La variété choisie : buxus suffructicosa sempervirens sera attaquée par une maladie cryptogamique (volutelle et cylindrocladdium) qui fera des ravages en Europe ; les buis  des jardins à la française seront arrachés (Vaux le Vicomte, Villandry …) : nous les arrachons, mourant, en avril 2021 ; ils sont remplacés par une nouvelle variété sélectionnée en Hollande, les Better Buxus Babylon Beauty ; nous serons alors le deuxième jardin historique français, derrière Villandry, à tenter l’aventure !

Image
Image
Image

Un arrosage automatique a été conçu le mieux possible, afin que les plantes ne dépérissent pas lors des étés trop chauds, et dans le but d’utiliser le moins d’eau possible avec le plus d’efficacité possible. L’eau est pompée dans l’étang. Des tuyaux percés et des tuyères escamotables amènent l’eau les premiers aux compartiments de fleurs et aux buis, les seconds aux compartiments de gazon. L’arrosage se met en route la nuit, et l’évaporation est limitée par le mulch. Nous pouvons ainsi aux mois de juillet et août, très secs, arroser seulement trois fois par semaine pendant trente minutes. 

Un claustra en bois de châtaignier d’un mètre cinquante de haut évoque fortement la Renaissance. Il a été inspiré par la tapisserie des Métamorphoses d’Ovide, « Les jardins » pour Hercule d’Este, conservée au musée du Louvre.

Image
Image
Image

Les allées ont été réalisées en superposant un géotextile, une couche de gravier drainant de douze cm, puis une couche de sable compacté (arène granitique) de cinq cm. Des voliges les bordent, évitant leur envahissement par le gazon. Elles seront ainsi le plus possible durables dans le temps, pratiques pour tous les visiteurs (y compris en fauteuil roulant), et résistantes aux intempéries.

La restauration des jardins en 2010 sera impressionnante : remise à niveau de la plateforme, tracé des allées, enrichissement de la terre, mise en place des voliges et des allées plantation des vivaces, mise en place du réseau d’arrosage et du mulch :